Au cœur des ateliers Selva, Laurence Guiho incarne un maillon essentiel de la performance industrielle : la transmission des savoir-faire.
Passée par plusieurs postes en production avant d’évoluer vers la formation, elle accompagne aujourd’hui les équipes dans la montée en compétences, la maîtrise des exigences qualité et l’adoption des bons gestes techniques.
Dans cette interview, elle revient sur son parcours, sa vision de la pédagogie en environnement industriel et les enjeux de la formation dans l’électronique.
Je travaille dans l’électronique depuis 2011. À la base, j’y suis arrivée un peu par hasard en répondant à une annonce dans une entreprise de sous-traitance électronique. Je ne connaissais pas vraiment le secteur, mais j’ai découvert un métier très technique et surtout très concret, et ça m’a tout de suite plu.
J’ai commencé par une formation de huit semaines pour devenir contrôleuse visuelle. Pendant un an et demi, j’ai appris à observer, à analyser et à appliquer les critères qualité avec beaucoup de rigueur. Ensuite, j’ai eu la chance de passer par plusieurs postes en production : le moulage, le contrôle AOI 3D, puis le câblage et câblage filaire. Cette diversité m’a beaucoup apporté parce qu’elle m’a permis de comprendre l’ensemble du processus de fabrication.
Après environ cinq ans dans l’électronique, on m’a proposé d’évoluer vers un poste de formatrice interne. L’idée de transmettre ce que j’avais appris m’a tout de suite parlé. J’ai découvert que j’aimais accompagner les personnes, les aider à progresser et à prendre confiance dans leur travail.
Après une autre expérience professionnelle, j’ai rejoint Selva pour continuer dans cette voie. Cela fait maintenant trois ans que je suis formatrice interne dans l’entreprise.
Avec le temps, j’ai développé un vrai attachement pour l’électronique. C’est un métier précis, exigeant, mais aussi très intéressant parce qu’on apprend constamment. Chaque carte, chaque assemblage demande de l’attention et du savoir-faire.
Si j’ai rejoint Selva, c’est aussi pour l’état d’esprit de l’entreprise. C’est une structure à taille humaine où l’on peut vraiment prendre le temps d’accompagner les équipes. Dans la formation, c’est essentiel. On ne transmet pas seulement des gestes techniques, on transmet aussi une manière de travailler et de réfléchir.
J’apprécie également d’intervenir sur les deux sites de production, à Vallet et à Chalon.
Mon rôle est assez simple à résumer : transmettre la bonne information, au bon moment, de la manière la plus claire possible.
Je suis là pour aider les équipes à comprendre les exigences et à adopter les bons gestes. L’idée n’est pas de compliquer les choses, mais au contraire d’aller à l’essentiel pour que chacun puisse travailler avec confiance et autonomie.
Je veille aussi à rester au plus proche de la réalité du terrain. La formation doit toujours être en lien direct avec ce que les opérateurs vivent au quotidien tout en restant fidèle aux attentes de nos clients.
Mon quotidien est très varié. Je crée ou j’adapte les supports de formation, pour accompagner le collaborateur dès son premier jour au sein de Selva.
Je forme également les collaborateurs sur des sujets essentiels comme le respect des règles ESD ou FOD, mais aussi sur les bonnes pratiques techniques en électronique.
Au fil du temps, les équipes savent qu’elles peuvent venir me voir facilement. Parfois, il suffit d’un échange rapide pour éclaircir un doute ou confirmer une pratique.
Je transmets surtout des compétences très concrètes : les bons gestes techniques, les pratiques de brasage, la compréhension des standards IPC ou encore les exigences qualité.
Mais au-delà de la technique, j’essaie surtout de développer l’autonomie. Je veux que les opérateurs prennent l’habitude d’aller chercher la bonne information dans les référentiels et les documents techniques plutôt que de se fier uniquement aux habitudes ou à ce que fait le voisin. C’est important pour éviter les erreurs et garantir une qualité constante.
Chaque personne est différente. Certains apprennent très vite, d’autres ont besoin de plus de temps ou de pratiquer davantage. Mon rôle est de m’adapter à chacun.
Ce qui compte pour moi, c’est de créer un climat de confiance. Quand les personnes arrivent en formation, elles doivent savoir qu’elles ne seront pas jugées. Elles doivent pouvoir poser toutes leurs questions.
Je prends aussi le temps de détendre l’atmosphère. Parfois, un peu d’humour suffit pour que les personnes se sentent plus à l’aise. Et quand on se sent bien, on apprend forcément mieux.
La formation ne peut pas fonctionner seule. Je travaille beaucoup avec la production, la qualité, les méthodes et les ressources humaines.
Souvent, les besoins de formation viennent du terrain : un nouveau projet, une exigence client particulière ou une compétence à renforcer. Mais l’échange fonctionne dans les deux sens. Si je vois qu’un sujet mérite d’être approfondi, je peux aussi proposer de mettre en place une formation.
C’est vraiment un travail collectif.
La formation joue un rôle essentiel dans la qualité. Quand les équipes maîtrisent les bonnes pratiques, cela limite naturellement les non-conformités et cela permet de répondre aux exigences de nos clients.
Elle permet aussi de préserver le savoir-faire de l’entreprise. Les compétences se transmettent, se partagent et continuent de se développer.
La formation joue un rôle essentiel dans la qualité. Quand les équipes maîtrisent les bonnes pratiques, cela limite naturellement les non-conformités et cela permet de répondre aux exigences de nos clients (nouvelles formations, sensibilisation au secteur, …).
Elle permet aussi de préserver le savoir-faire de l’entreprise. Les compétences se transmettent, se partagent et continuent de se développer.
Pendant les formations techniques, les opérateurs travaillent sur une carte d’entraînement spécialement conçue pour reproduire différentes situations que l’on peut rencontrer en production. Il peut y avoir des composants CMS ou traversants, des plans de masse ou encore des situations un peu piégeuses.
L’idée n’est pas seulement de vérifier un geste technique, mais aussi de voir si la personne prend le temps d’observer et de se poser les bonnes questions. Je fais également très attention à la posture de travail. Les bons gestes sont importants, mais il faut aussi préserver son corps. On travaille donc sur la position des bras, de la nuque ou encore la manière de tenir les outils pour éviter les troubles musculosquelettiques.
L’un des grands défis est de rester en phase avec les exigences des clients, qui peuvent être très élevées selon les secteurs. Que ce soit dans l’aéronautique, le nucléaire ou d’autres domaines, les standards sont exigeants et il faut être capable d’y répondre.
La formation est justement là pour préparer les équipes à ces attentes, et maintenir le niveau de compétences et connaissances liées à ces secteurs.
Je dirais simplement : bienveillance, adaptabilité et écoute.
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Depuis plus de 45 ans, Selva conçoit et fabrique des cartes électroniques pour accompagner des projets ambitieux. Avec deux sites en France, à Vallet et Chalon-sur-Saône, nous intervenons dans des secteurs variés et exigeants : aéronautique, défense, énergie, industrie, électronique de compétition, médical, télécommunications et sécurité.
Certifiée ISO 9001 et EN 9100, Selva met son savoir-faire et sa rigueur au service de solutions fiables et performantes.
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Le 31/03/2026
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